Mis à jour le 25 septembre 2026
L’essentiel
Un micron ne mesure pas une qualité, il mesure une ouverture de maille. Descendre de 120u à 45u ne purifie pas une résine : cela sélectionne des têtes de trichomes plus petites. Le bon micron dépend de ce que l’on cherche à obtenir, pas d’un classement.
Pourquoi les sources ne disent-elles pas la même chose ?
Cherchez « hash 90u ou 120u » et la première page de résultats renvoie surtout des forums américains, deux catalogues de graines et une annonce eBay allemande. Deux pages françaises seulement traitent la question de front.
Et elles se contredisent. Pour l’une, plus le chiffre est bas, plus la résine est pure. Pour une autre, le 73u est « celui que cherchent les connaisseurs ». Pour une troisième, le 90u offre le bon compromis et le 120u laisse passer trop de matière végétale. Aucune ne chiffre l’écart.
La raison est simple : ces pages décrivent des préférences, pas des mesures. Un micron seul ne dit rien tant qu’on ignore deux choses — ce qui est passé au travers, et ce qui est resté dessus. C’est le couple qui informe, jamais le nombre isolé.
Pour un acheteur, la conséquence est immédiate : un chiffre affiché seul ne permet aucune comparaison entre deux boutiques. Deux résines vendues comme du 90u peuvent recouvrir deux fractions distinctes.
Qu’est-ce qu’une maille retient, au juste ?
Une tête de trichome capité mesure le plus souvent entre 50 et 120 micromètres de diamètre. Les mailles utilisées en filtration encadrent précisément cette fourchette : ce n’est pas un hasard, elles ont été choisies pour trier des têtes.
Vient ensuite une nuance que presque personne n’explique. Dans une pile de sacs ou de tamis, la fraction que l’on appelle « le 73u » n’est pas ce qui est passé à travers 73 micromètres. C’est ce qui a traversé les mailles plus larges placées au-dessus et qui a été retenu par celle de 73. La fraction est donc encadrée par deux valeurs, pas définie par une seule.
Un vendeur qui annonce « 73u » sans dire quelle maille se trouvait juste au-dessus décrit une borne sur deux. L’information est vraie, mais incomplète.
C’est aussi pourquoi deux résines annoncées au même micron peuvent différer nettement : tout dépend de la maille qui les surplombait dans la pile.
Que contient chaque fraction, de 45u à 120u ?
Le tableau ci-dessous résume ce que chaque maille retient, et ce qu’on lui reproche. Il décrit des tendances observées en filtration, pas une hiérarchie de qualité. Les bornes sont des conventions d’usage : les jeux de sacs ne proposent pas tous les mêmes valeurs.
| Maille | Ce qui est retenu | Aspect courant | La limite |
|---|---|---|---|
| 45u | Petites têtes et fragments de têtes | Poudre très claire, très fine | Rendement faible, peu de corps à la presse |
| 73u | Têtes mûres de petit diamètre | Fraction la plus recherchée pour le full melt | Rendement faible, tri exigeant |
| 90u | Têtes mûres de diamètre moyen | Le compromis le plus courant | Peut embarquer quelques tiges de trichomes |
| 120u | Grosses têtes, tiges, débris végétaux | Rendement nettement plus élevé | Davantage de matière verte, couleur plus foncée |
Aucune ligne de ce tableau ne désigne un gagnant. Chaque fraction correspond à un objectif de presse et à un rendement différents, et un producteur sérieux garde souvent plusieurs mailles en parallèle plutôt que de tout ramener à une seule.
Un micron plus bas donne-t-il une meilleure résine ?
Non, et c’est la confusion la plus répandue du sujet. Une fraction 45u n’est pas pure par construction : si la matière de départ est médiocre, le 45u produit une poussière fine et médiocre. La maille ne crée rien, elle trie.
Ce qui fait la pureté d’une résine, c’est la proportion de têtes glandulaires par rapport à la matière végétale — donc la qualité de la plante de départ, sa manucure, et le soin apporté à la filtration. Le micron n’intervient qu’après, comme un filtre de taille.
Dit autrement : un micron bas est un critère de calibre, pas un grade. C’est exactement la même logique que le calibre d’un fruit. Un petit calibre ne dit rien du goût, seulement du diamètre.
La question utile n’est donc pas « quel micron est le meilleur » mais « quelle matière a été tamisée, et avec quel soin ».
Pourquoi 73u et 90u reviennent-ils si souvent ?
Parce qu’ils encadrent le cœur de la distribution. Si les têtes utiles se répartissent majoritairement entre 50 et 120 micromètres, les mailles situées au milieu de cette plage retiennent la population la plus homogène : beaucoup de têtes, peu de fragments, peu de tiges.
C’est de là que vient la réputation du 73u auprès des amateurs de full melt — une fraction homogène fond plus proprement qu’un mélange de calibres. Ce n’est pas une propriété magique du nombre 73, c’est une conséquence de l’homogénéité.
Le 120u, à l’inverse, retient tout ce qui est gros : de belles têtes, mais aussi des tiges et des éclats de feuille. Rendement supérieur, homogénéité moindre. Les deux fractions ont leur usage, elles ne visent simplement pas le même résultat.
Un producteur qui conserve ses fractions séparées plutôt que de les mélanger signale d’ailleurs un travail plus fin : le mélange efface l’information de calibre.
Que demander quand une annonce affiche un seul chiffre ?
Trois questions suffisent à rendre une annonce vérifiable, et elles tiennent en une ligne chacune.
Quelle est la pile complète ? Pas la maille retenue, mais la série utilisée — par exemple 160u, 120u, 90u, 73u. C’est elle qui borne la fraction.
Dry sift ou eau glacée ? Le tamisage à sec et l’ice-o-lator n’emploient pas les mêmes tissus et ne produisent pas la même texture à maille égale. Le chiffre n’est comparable qu’à procédé identique.
Le chiffre désigne-t-il la maille qui a retenu, ou celle qui a laissé passer ? Les deux usages circulent. Sans cette précision, « 90u » peut désigner deux fractions différentes.
La même exigence vaut pour la mention « 3× filtré », qui annonce un nombre de passages sans jamais donner de calibre : nous l’avons détaillée dans « 3× filtré » : quels microns, exactement ?. Une réponse précise à ces trois questions en dit plus long sur un vendeur que n’importe quel argumentaire.
Questions fréquentes
Un hash 120u est-il de moins bonne qualité qu’un 73u ?
Non. Il est différemment calibré. Un 120u issu d’une très bonne matière première dépasse largement un 73u tiré d’une matière médiocre.
Micron et micromètre, est-ce la même chose ?
Oui. « Micron » est l’ancien nom du micromètre, un millième de millimètre. 73u signifie 73 micromètres d’ouverture de maille.
Peut-on déduire la teneur en CBD à partir du micron ?
Non. Le calibre n’indique aucune teneur. Seule une analyse de laboratoire la donne, et elle se lit ligne par ligne — voir lire un certificat d’analyse.
Le dry sift et l’ice-o-lator utilisent-ils les mêmes mailles ?
Les valeurs se recoupent, mais les supports diffèrent : tissus tendus sur cadre pour le tamisage à sec, sacs immergés pour l’eau glacée. À maille égale, la fraction obtenue n’a pas la même texture.
Un micron bas garantit-il un full melt ?
Non. L’homogénéité du calibre y aide, mais une fraction fine issue d’une matière chargée en végétal ne fondra pas proprement pour autant.
Pourquoi si peu de vendeurs indiquent-ils leurs mailles ?
Parce que l’information vient du producteur et ne remonte pas toujours jusqu’au revendeur. C’est précisément pour cela qu’elle constitue un bon critère de tri : la demander coûte une question.
Pour aller plus loin
- « 3× filtré » : quels microns, exactement ? — ce que la mention dit, et ce qu’elle ne dit pas.
- Fleur ou résine CBD : laquelle choisir ? — texture, calibre et méthode de consommation.
- Lire un certificat d’analyse ligne par ligne — ce qu’un COA dit vraiment.
- Nos résines et hash CBD — la filtration est indiquée sur chaque fiche lorsqu’elle nous est transmise.
